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22/03/2009

Hommage à Edgar et à la complexité du monde

cher Edgar ,
…je ne comprend pas pourquoi vos mots  vos descriptions vos explications n’ont pas fait sens plus tôt dans mon univers, je m’en nourris à présent pour tenter de les transmuter en actes-systèmes afin de faire advenir d’autres Etre-ensemble-au-monde que celui dans lequel nous nous étions fourvoyés !
C’est une trop belle sensation  que celle que procure le surgissement du sens dans la conscience corporelle   j’ai envie de la faire partager… pour l’élargir en moi.. 

En un mot Edgar je vous aime !

Naivement sans doute mais je m’en fiche, à force de laisser féconder mes lectures par mes expériences je crois possible aujourd’hui de  faire quelque chose pour les Autres et le Monde en crise  .. J’entre en posture de « formatrice » (faut bien vivre ) après avoir pas mal déroulé les tenants et aboutissants de la posture d’éducatrice , en fac,  dans la rue et à mon domicile et sur scène ou en studio. . Je suis mon propre terrain d’essai, je questionne et me répond quand je suis en état de me discerner en plein, car la vie me dessine plus souvent en creux : je suis intermittente.  
Au bout du tunnel, la seule lueur qui brille me vient .. de ma corporéité première… mon tissu de chair et d’esprit mélé .. de mon corps/esprit.
Corps/esprit par ce que nous n'avons toujours pas de mot pour désigner ce que nous serions devenus si nous avions intégré , au lieu de la coupure entre les deux , leur fusion..

Voilà ce qui m’intéresse dorénavant , jouer ma partition sensuelle dans l'avènement d'une conscience élargie et nouvelle du corps / monde ..

La pensée étant créatrice , le réel n’existant pour nous que par l’intermédiaire de représentations  surgissant (telles des hologrammes ?)  de nos plis cérébraux, cela fait de  notre  corps une sorte  de modèle unique de façonnage du Réel.

En révisant mes cours d'anatomie physiologie au " grand angle"  je m'aperçois que nous sommes équipés biologiquement  précisément pour nous fabriquer en même temps que le Monde  .... nous naissons totalement  "in-finis" et par conséquent nous nous finissons individuellement en même temps que nous élaborons collectivement notre environnement ... en boucle et ainsi de suite jusqu’à … ce que la tête nous tourne..
Nos sens ne maturent en effet que dans l’utilisation que nous faisons d’eux , et simultanément le cerveau se raffine à force de traiter des informations sensorielles multiples diverses et variées. C'est la cuisine de la pensée.
Autrement  dit notre existence est subordonnée à l’utilisation que nous faisons de nous mêmes !

Ah!  et qui sommes nous…. au-delà de la cuisine biologique ?
…Cette seule question pourrait  ramener l’équation de la complexité à notre capacité à discerner … à identifier , à appréhender !!

Pour résoudre l’équation de la complexité il faut se placer là où elle est née, dans nos propres chairs , dans l'intimité vibrante de nos corps...  LE CORPS pour définir et transformer simultanément le monde . Ce monde que nous incorporons tout d'abord....     les sons extérieurs font vibrer nos tympans sur la même longueur d'onde, nos mains s’arrondissent pour appréhender la courbure de l’objet touché, notre tonus postural se modèle sur celui de notre interlocuteur, le son l’objet l’Autre entrent ainsi  en nous  et nous voilà seuls responsable ensuite de ce que nous faisons individuellement et collectivement de toutes ces informations traduites en impulsions électrochimiques.

Qu’en faisons nous d’ailleurs ?  des images mentales, pas forcément modélisées d’après le visuel d’ailleurs, des représentations en tous cas qui, seule certitude cependant , sans nos sens n’auraient aucune consistance…
Nous sommes des Transformateurs.

Je sais . c’était mieux avant . avant la complexité surgissante . suffisait de savoir compter  quand on était fort on pouvait compter sur beaucoup de sous, d’appuis, de valeurs, de copains, quand on était pas forts, c’était pile l’inverse,  peu de sous de copains de valeurs.       Mais avant  personne  n’allait vous faire chier pour vous demander de redéfinir vos critères de définition eux-mêmes

Maintenant que tout pête en commençant par le plus visible:  les sous, la finance, les banques… il se fait jour une période de chaos total,  une période propice au renversement des évidences préjugés valeurs établies, bref, c’est nettoyage de printemps… Mais par quoi commencer ?
d’habitude on se prend la tête pour réfléchir sur ce qu’on garde et ce qu’on jette, aujourd’hui il faut  réfléchir aussi au bien fondé de la question elle-même :  garder et jeter en même temps,  une voie qui serait tierce ? On ne saurait encore l'imaginer !!   ni garder ni jeter tout en gardant ce que l’on jette sans jeter un regard à ce que l’on perd en jetant Dieu qui nous garde…
Je sais . En général là on me salue poliment .
Alors je retourne lire Edgar Morin pour me reconstituer et poursuivre le chantier gigantesque de l’expérimentation personnelle au service de la transformation du monde .