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06/02/2009

Ecologie corporelle......!

Le Corps et le regard des autres

À partir d’une certaine durée de station debout immobile,  avec un sac à dos contenant l’agenda d’une chômeuse moyenne, soit un poids de trois kilos minimum , les forces gravitationnelles s’exerçant sur les lombaires commencent à aplatir sérieusement les disques intervertébraux…Pas de problèmes, vous me direz , ils sont conçus pour  non ?    Certes à condition que le facteur temps ne s'en mêle point!
La durée  ajoutée à la force de pression finit par faire naître un dommage … reste plus qu'à alléger le poids porté ou changer le point d’appui des forces endommageantes…
Comment sait on à quel moment la durée mélangée à la pression  devient endommageante ?
Le corps est équipé d’alarmes en tout genre : la douleur dans la zone où se trouve le disque en train de s’en prendre plein la figure suffit à prévenir le cerveau : « et là haut, tu peux faire un truc » ? le cerveau va chercher dans la boite à truc qu’est ce qu’il peut faire ?
Et là, impossible de remettre la main sur la réponse adaptée,  parce que il y a un interdit sur cette réponse, un verrou de sûreté.. celui que les parents et les éducateurs ont aidé avec  tout leur  amour  à poser sur les circuits « vie collective, adaptation au système » dans la sous catégorie « politesse ». ….  Le verrou c’est : « ça ne se fait pas » , décliné pendant l’enfance en   « tiens toi BIEN … ! ».
l’enfant a toujours  du mal avec ça,  parce que le BIEN du "tiens toi" n'est pas facile  à définir et provoque des incohérences avec le domaine  des ressentis : tiens toi bien devrait signifier : prends la pose dans laquelle TU TE SENS à l'aise???   Donc si j’ai mal c’est pas  bien… ? demande l'enfant à sa mère .
Pas du tout chéri, plus t’as mal plus ça te fait du bien… faut souffrir  pour être beau , mince, poli, bronzé musclé élégant riche en bonne santé la langue musclée et le nez qui coule pas .....
Bref, faut souffrir….
Finalement politesse rime avec mépris du corps … !? Nous revoilà en plein délire catho….
souffrons en silence, les petits gars  le paradis est au bout . Amalgame , confusion, manque de discernement  manque de réflexion, tous ces manques sont tricotés par une pensée qui fait passer le corps après tout le reste.. et encore….. !
Résultat ..
On se fabrique tous  des sciatiques à tour de bras et de talons haut dans les supermarchés qui par dessus le marché vous lessivent le cortex en vomissant des horreurs d'objets alignés  que le système se permet de vous fourguer en musique , ouiiiiiiiii  parce qu’en plus la musique de supermarché , bonjour ! C’est la marche militaire des cerveaux transparents du consommateur qui peut trotter au pas au pas  dans les allées du  Super Marché Mondial …

Je me suis accroupie dans la queue finalement , pour soulager mes lombaires,  et ma nausée existentielle, la caissière avait buggé, ça pouvait durer encore longtemps .  Accroupie, j'étais bien:  j’entendais plus la musique , et j'avais un nouveau regard  sur l'humain, le  visage au ras des « panars » de mes concitoyens de queue…..

Mais  là Omar m’a vue, Omar c’est  le vigile sympa qui prend encore son job à cœur: il rappliqué, il a viré tout le monde : la petite dame vous voyez pas qu’elle va pas bien…. Allez ,  laissez la passer, elle a presque rien dans son sac, allez venez (il me prend le bras ), pardon monsieur,  allez ça va passer ma petite dame , … vous allez pouvoir respirer
Dans la queue , ça grommelle en sourdine, je crois entendre elle peut pas être enceinte,  je suis rouge de honte, j’ai pas dit un mot , "c’est la ménopause me dit la caissière (qui n’avait guère plus de 23 balais..) ma mère aussi elle pouvait plus rester debout tellement elle avait des chaleurs…"
Je suis retournée me coucher.

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